Contre vents et marées

Le titre de cet article m’est inspiré par le temps qu’il fait dehors. C’est venteux, trop. Il est tôt pour un samedi matin, Morphée est partie prématurément. Je comptais sortir dehors marcher un peu mais pour le moment, ça ne m’inspire pas plus que ça.

Et le vent, ça me fait un peu penser aux obstacles qu’on peut rencontrer quand on essaye d’écrire. Mais si, vous savez, quand on marche dehors et qu’on met toute son énergie pour faire trois pas, on avance dans le vide, ça marche pas. Quand on est assis devant l’ordinateur, la page blanche. Stressant. Écrire quelques mots et les effacer. Chercher pendant dix minutes LE bon mot pour décrire la scène, ou trouver l’inspiration tout simplement. Le sentiment de blocage et la frustration qui monte de ne pas arriver à faire ce que l’on veut.

Je pense que c’est arrivé à tout le monde un jour ou l’autre. J’aimerai vous dire que j’ai une recette magique pour régler ce problème et qu’en claquant des doigts, l’inspiration va revenir et le train va rouler à nouveau. Malheureusement, ce n’est pas le cas (enfin, vous pouvez essayer, mais je pense pas que ça marchera !).

Quand l’envie d’écrire n’est plus là, comment la faire renaitre ?

Il y a plusieurs écoles, généralement divisées en deux catégories : faire une pause, ou se forcer à écrire. Je ne prendrai pas parti, puisque chez moi, les deux méthodes ont fonctionné.

Pour moi, faire une pause a été bénéfique lorsque je n’avais plus d’inspiration, marcher dans la nature, découvrir un nouveau pays lors de vacances, faire baisser la pression autour de l’écriture… Cela a contribué à me reposer mentalement puis dans un second temps, à renouveler ma créativité, mes sources d’inspirations. Et peu à peu, l’envie est revenue. Faire une pause ne doit pas être confondu avec la fuite face à la difficulté. Mais si l’écriture est quelque chose qui brûle au fond de vous, vous y reviendrez.

Puis, il y a certains jours où j’avais pas envie et où je me suis obligée à m’installer pour écrire. Parce que c’est important à mes yeux, et surtout, parce que je pense que l’action est la clé. Écrire des trucs et ne pas porter de jugement dessus. Tant pis si ça n’a pas sens, si les phrases sont décousues, c’est un brouillon pour ré-ouvrir le canal du processus d’écriture. Avancer petit à petit m’a permis de me focaliser sur un petit bout, et non pas de voir tout ce qui me restait à faire, ce qui pourrait être décourageant.

J’aimerai aussi souligner l’importance de trouver quelqu’un pour discuter de vos projets. Avant, je n’aimai pas parler de ce que j’écrivais parce que c’était très personnel. J’ai toujours plus ou moins caché que j’écrivais, mais je comprends aujourd’hui qu’il ne faut pas. J’assume le fait d’écrire des histoires et c’est important. Un long processus. Discuter, c’est échanger des points de vue, se confronter à soi même et pointer du doigt ce qui va pas, ce qui dérange, pour pouvoir repartir avec un souffle nouveau. Et personnellement, pour ça, je ne remercierai jamais assez Nithael, que vous pouvez retrouver ici sur blog. <3

Un blocage, une action. Une pause active ou continuer d’écrire.

« On ne peut pas attendre que l’inspiration vienne. Il faut courir après avec une massue. » – Jack London

Lyschan.

Planification & organisation

Aujourd’hui, j’ai encore envie de vous parler de quelque chose qui n’a (presque) rien à voir avec l’écriture. Il s’agit d’organisation. Il y a peu de temps, environ deux semaines je crois, j’ai réalisé deux choses importantes.

La première, c’est que l’environnement influe sur nous et que nous influons l’environnement. Ça parait évident dit comme ça, mais je ne l’avais jamais réellement internalisé. J’ai tendance à être bordélique, chez moi y a toujours du linge qui traine par ci, par là, des bouquins pas rangés où il faudrait, qu’ils soient en cours de lecture ou non et je ne vous parle même pas de l’organisation entre mes cours, mes TD et les TP, c’est tout éparpillé sur mon bureau. Bref.

Un soir, j’ai tout rangé, je n’en pouvais plus que mon appartement ait l’air d’une pièce où une bombe a explosé, j’étais à saturation. Je crois que j’y ai bien passé trois heures, avec le nettoyage. J’ai ré-organisé des trucs qui n’allaient plus, ou qui subtilement me pourrissaient la vie (genre le câble trop court de la table de nuit pour brancher le portable). J’ai fait un tas de ce que je devais ramener chez mes parents, etc…

Et une fois que ça c’était fait, je me suis posée sur mon lit et j’ai contemplé le travail que j’avais fait. Enfin un appartement qui ressemblait à quelque chose. Et c’est là, où j’ai pris vraiment conscience que ça ne devait pas être autrement. J’avais une vision limpide des prochaines tâches que je devais faire, mon cerveau était comme désencombré, comme si ranger mon appartement avait permis de faire le tri dans mon esprit.

Le rapport avec l’écriture ? Je pense qu’il faut être dans le bon état d’esprit pour se mettre à écrire, sinon l’envie ne vient pas et on repousse sans cesse à plus tard.

Un truc qui marche bien chez moi, c’est d’écrire sur un papier à côté de moi, tout ce qui me passe par la tête et que je dois faire : acheter des bananes, lire tel article, répondre au mail de bidule… Comme ça, j’ai l’esprit libre pour me concentrer sur ce que j’écris et je n’ai pas peur d’oublier ce que j’ai à faire puisque je l’ai marqué. De manière générale, je trouve ça complètement dingue l’énergie mentale utilisée à se répéter qu’il faut pas oublier de faire telle chose tel jour. On se pollue l’esprit et à chaque fois qu’on pense à quelque chose qu’on devrait faire, on est pas concentré sur l’action, le moment présent.

La deuxième chose que j’ai réalisée, c’est de planifier. Ça fait environ deux semaines que je planifie grossièrement ma journée et j’ai l’impression d’avoir du temps en plus, alors que les journées n’ont toujours que 24 heures. Je suis aussi plus efficace, je ne passe plus de temps à me demander si je devrais faire ça ou pas. La prise de décision est quelque chose qui demande de l’énergie mentale et du temps. C’est se faciliter la vie de savoir quand, comment et quoi faire en temps voulu en y réfléchissant en amont.

Je sais par exemple, que je dois rendre le compte rendu du TP d’immunologie mardi ou vendredi de la semaine prochaine, avec mon binôme. On vise le rendu mardi, s’il y a un imprévu, on pourra le rendre vendredi. C’est important à mes yeux de prévoir une marge ou des jours/demi-journées d’imprévu dans ses plannings, parce que personnellement, je déteste rendre quelque chose qui ne me plait pas à cause du manque de temps.

Prise des disponibilités de chacun. Pas de créneau pour se voir physiquement, donc répartition des questions à faire. Léa s’occupe de faire le schéma, Yohann fait deux questions et je m’occupe d’expliquer de la courbe et de l’interpréter. Création d’un google document pour que chacun puisse travailler à son rythme de son côté.

Voilà, le travail est planifié, il suffira de vérifier que chacun ait fait sa partie dimanche soir et il y a potentiellement un créneau lundi soir pour faire les derniers ajustements en fonction des uns et des autres. Ça m’évite de me demander en permanence qu’il faut penser à faire le compte rendu, qu’il faut que je commence à réfléchir aux questions, etc… A la longue, c’est fatiguant et surtout, ça ne fait pas avancer le schmilblick.

Pour en revenir à l’écriture, encore une fois c’est la même chose. Planifiez vos séances à l’avance vous permettra de gagner du temps et de garder de l’énergie mentale pour autre chose, puisque vous avez bloqué spécialement du temps pour le faire. Vous savez que, pendant 15, 30 ou 45 minutes, demain, à 15h vous allez écrire. Mais laissez place à l’imprévu également, et pas d’auto-flagellation si le créneau n’est pas respecté pour une raison X ou Y. On reste concentré sur l’objectif à atteindre ou la tache à faire et on la replanifie, on reste orienté action.

Par exemple, cet article n’était absolument pas prévu, mais après manger j’étais dans l’énergie créative. J’avais le choix entre l’écrire, ou me mettre directement à travailler. J’ai décidé sur le coup, que de 13h à 14h, j’allais écrire pour le blog. Ça me permet de prendre du temps pour moi et de décompresser, avant d’attaquer des recherches pour un projet à rendre : c’est tout bénef !

Planifier mais laisser place à l’imprévu. Et agir.

« La vie est faite d’imprévus, il fallait le prévoir !  » – Charles Bernard

Lyschan.

Il est 5h, Paris s’éveille…

Il est 5h39. J’ai été réveillée par une espèce de pseudo-allergie et après m’être mouchée, j’étais bien. Les billes ouvertes, j’ai calculé que ça valait pas le coup d’essayer de se rendormir pour une heure et demie. J’ai pensé au projet qu’on doit rendre pour la fac dans un mois, et je me suis dit que ça serait bien d’avancer dessus. Puis en fait non.

Pour une fois, je vais prendre du temps pour moi. Parce qu’on prend jamais assez de temps pour soi-même. On fait passer les autres et toutes les priorités, ce qu’il y a à faire avant soi. Et quand on se rappelle qu’il faut prendre du temps, c’est trop tard, on est déjà au fond du lit avec 39°C de fièvre, alors que les deadlines approchent.

Je me suis levée, j’ai lancé la bouilloire pour me faire du thé. J’ai pensé à me faire un smoothie aux fruits rouges, puis je me suis dit que les voisins allaient me maudire et que j’allais attendre un peu pour ça. J’ai pensé à la papaye séchée qu’il y a dans mes placards et j’ai réalisé que je n’avais pas encore assez faim pour un petit déjeuner, alors j’ai laissé tomber.

J’avais envie de musique zen pour écrire ces mots, alors j’ai tapé « musique zen » sur Youtube. C’est reposant, c’est agréable, c’est fluide d’écrire alors que la plupart des gens sont encore dans les bras de Morphée. Avant de m’installer, j’ai tiré le rideau et j’ai regardé dehors. Il faisait noir et clair. Les lampadaires éclairent l’entrée de la résidence et le soleil n’est pas levé. Je pense au Carrefour Market qui est pas loin et qui ouvre à 7h30. Une bougie parfumée, voilà ce qui me faudrait.

Je suis assise sur mon lit, enroulée dans mon plaid bleu clair électrique avec mon ordinateur que j’ai allumé entre temps. Même pas l’envie d’aller voir les mails ou d’aller sur Facebook. Je pense à rien de particulier, je laisse la musique défiler. Bruits d’eau, de nature et flute, c’est régénérant.

Il est maintenant 5h53 et je me dis que c’est stupide de publier un premier article sur le fait de prendre du temps pour soi (et d’y raconter à moitié ma vie) alors que ce blog est sensé parler d’écriture, puis je réalise qu’en fait, c’est lié.

Le plaisir, ne jamais oublier le plaisir d’écrire. Je suis comme dans un cocon, j’ai l’impression d’avoir le monde à mes pieds et pourtant je suis juste assise sur mon lit, avec de la musique zen en fond en train d’écrire ça. J’ai l’impression d’être en harmonie avec moi-même et le monde, c’est beau, c’est bien. Je suis bien. J’écris.

Prendre du temps pour soi, une éternité que je ne l’avais pas réellement fait en pleine conscience, prise dans les obligations que j’avais. C’est une découverte de moi-même ce matin et il est maintenant 6h00.

La journée s’annonce, se lève, vient se nicher en chacun de nous. Morphée part en promettant de revenir. Le cerveau s’éveille, s’active doucement avant de partir en ébullition et d’imaginer la journée et ses nombreuses obligations. Ralentissez.

Prenez du temps pour vous, c’est important.

« Une heure n’est pas qu’une heure, c’est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats. » – Marcel Proust / Le temps retrouvé.

Lyschan.